Euro 2012 : thank you et grazie mille !

Dimanche 24 juin, l’Angleterre et l’Italie nous ont réconciliés avec le foot-ball, après une soirée France – Espagne aussi irritante qu’ennuyeuse.

L’Angleterre a perdu avec les honneurs face à l’Italie.

On a vu deux équipes qui en voulaient et qui se sont battues généreusement, humblement et magnifiquement, offrant aux spectateurs même occassionnels des matchs à la télé un spectacle captivant.

Cerise sur le gâteau, toutes deux ont fait preuve d’un fair-play et d’un esprit collectif exemplaires. Bravo l’Italie (quelle élégance !) et chapeau bas, messieurs les Anglais. Vous sortez de l’Euro 2012 par la grande porte et vos supporters peuvent être fiers de leur équipe.

Un  résumé de la rencontre sur fan2sport.com

L’iceberg, un film qui fait chaud au cœur

Je viens de découvrir sur TV5 Monde « L’iceberg », film belge de 2004, de et avec Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy. C’est l’histoire d’une mère de famillle traumatisée après une nuit coincée dans une chambre froide à son boulot, et dont le rêve devient de voguer vers le Pôle Nord pour s’installer sur un iceberg.

Un film pour les adultes qui ont gardé leurs rêves d’enfants.

C’est beau, c’est poétique, touchant, burlesque. On pense à Buster Keaton, à Pierre Étaix, à un film muet moderne. Grand bonheur à découvrir cette famille qui fonctionnait machinalement et qui, du coup, explose en un joli feu d’artifice. C’est du cinéma qui prend son temps, qui caresse chaque visage, jeune ou vieux.

Bruno Romy, Fiona Gordon et Dominique Abel.

Les personnages, tout cabossés qu’ils soient, acquièrent par la magie du scénario et des acteurs une beauté qui transcende les canons esthétiques conventionnels. Ah, quand Fiona sort du bateau où elle vient de faire intimement connaissance avec le marin, on la voit, de loin, danser sur la grève et balancer ses godasses, son sac en l’air. Quel pied elle a dû prendre et comme on aimerait être à sa place !…

En savoir (un peu) plus sur L’Iceberg (Wikipedia)

Souveraineté et mondialisation en débat

Jean-Pierre Chevènement au café "Fils de France".

Jean-Pierre Chevènement au café « Fils de France ».

En avril s’est tenu, au café « Fils de France », un débat avec Jean-Pierre Chevènement sur le thème « La souveraineté face à la mondialisation ».

J’ai trouvé la prestation de JP. Chevènement remarquable par sa richesse, sa clarté et sa pédagogie. L’ancien ministre revient sur plus de mille ans de construction de « la nation française » et notamment sur sa différence avec nos voisins d’outre-Rhin.

Tandis que la nation allemande repose sur des notions ethniques (globalement la partie germaine de l’ex-Saint Empire Romain-Germanique), la nation française s’est construite à partir d’une multitude de peuples (Romans, Normands, Alémaniques, Franciques, Méditerranéens…), agrégés au fil des guerres et des alliances.

La nation française repose sur un pacte autour d’un projet commun, tant politique que social, avec un attachement à des valeurs comme celles des Lumières, de la Révolution française et, plus récemment, du Conseil national de la Résistance. Jean-Pierre Chevènement parle de « plébiscite quotidien » autour de ce contrat commun. Il aborde longuement l’Europe et les failles démocratiques que constituent les délégations de souveraineté imprudemment accordées, selon lui, à des institutions centrales, telles que les commissaires européens et la Banque centrale européenne, instances non élues par les citoyens des peuples de l’Union. Il rappelle les liens étroits qui unissent les peuples du Maghreb à l’Europe, de même que la Russie.

Je vous invite à visionner ce débat (moins d’une heure). C’est une leçon d’histoire et une contribution au débat démocratique.

Voir le débat sur filsdefrance.fr
Le blog de Jean-Pierre Chevènement

Tous les tramways du monde

En cherchant de la documentation sur la Russie, j’ai découvert le blog d’un passionné de tramways du monde entier.

Une Lada et un tramway tout au nord de la Russie (photo du blog)

Deux mille photos, annonce le blogueur. Les villes sont classées par ordre alphabétique et c’est passionnant. Voici, par exemple, un lien vers la page d’Arkhangelsk, « ville russe la plus au nord du monde à posséder un tramway ».

Tous les tramways du monde (ici Arkhangelsk)

Le cottage enchanté (1945)

Ce film de John Cromwell pourrait s’appeler « Les yeux de l’amour ».

Un homme jeune, défiguré à la suite d’une blessure de guerre, se renferme dans un vieux cottage de la Nouvelle Angleterre. Il y rencontre et épouse une jeune femme laide, très éprise de lui. Leur union semble une mascarade mais un miracle se produit. Est-ce l’atmosphère des lieux ? tous deux se trouvent soudain beaux. Naît un amour pur, enchanté par la musique et un familier des lieux, lui-même ancien militaire devenu aveugle au cours de la guerre de 14.

Sorti en 1945, The Enchanted Cottage avait sans doute pour mission d’aider les Américains moyens eux-mêmes esquintés par la guerre de 40 à retrouver une place chez eux, auprès de leurs épouses. Mais Il est beaucoup plus : la poésie et la profondeur des sentiments, l’approche douce de la vie sont si bienfaisantes qu’elles nous touchent encore aujourd’hui.

Les acteurs : Robert Young (Papa a toujours raison), Dorothy McGuire, Herbert Marshall et Mildred Natwick sont touchants. On ressort meilleur, rasséréné.

Two-lane Blacktop (1971)

Un road-movie a priori jamais
sorti en France.

Enfin, je l’ai vu, ce film-culte de Monte Hellman, sorte de road-movie sans folklore, où des accros du 400 mètres départ arrêté se tirent la bourre pour gagner le fric nécessaire à l’entretien de leur Chevy 55, et accessoirement pour crouter et dormir.

Au volant et à la clé à molette, deux stars du folk et du surf : James Taylor (au regard inquiétant) et surtout Dennis Wilson, ex-batteur des Beach Boys, ces « garçons de la plage » dont le tyrannique paternel vendait lui-même des voitures.

Pour quelqu’un qui n’aime pas le rugissement du V8, le temps parait long. Personnellement, je me suis régalé en me rappelant mes journées passées dans les garages et les casses sentant bon l’essence et l’huile sale.

À côté des rockers cités plus haut, deux personnages aussi déjantés qu’attachants ajoutent un soupçon d’intrigue au film : Laurie Bird en hippie squatteuse de Pontiac et Warren Oates, fabuleux en vieux beau persuadé d’avoir la meilleure GT du monde et refaisant sa biographie avec chaque auto-stoppeur embarqué.

« Macadam à eux voies » (traduction française du titre) me fait penser au documentaire de la même époque, « Continental Circus », consacré au monde des coureurs de grand prix moto. On y retrouve l’absurdité apparente des gens qui vivent à fond leur passion de la mécanique.