Souveraineté et mondialisation en débat

Jean-Pierre Chevènement au café "Fils de France".
Jean-Pierre Chevènement au café « Fils de France ».

En avril s’est tenu, au café « Fils de France », un débat avec Jean-Pierre Chevènement sur le thème « La souveraineté face à la mondialisation ».

J’ai trouvé la prestation de JP. Chevènement remarquable par sa richesse, sa clarté et sa pédagogie. L’ancien ministre revient sur plus de mille ans de construction de « la nation française » et notamment sur sa différence avec nos voisins d’outre-Rhin.

Tandis que la nation allemande repose sur des notions ethniques (globalement la partie germaine de l’ex-Saint Empire Romain-Germanique), la nation française s’est construite à partir d’une multitude de peuples (Romans, Normands, Alémaniques, Franciques, Méditerranéens…), agrégés au fil des guerres et des alliances.

La nation française repose sur un pacte autour d’un projet commun, tant politique que social, avec un attachement à des valeurs comme celles des Lumières, de la Révolution française et, plus récemment, du Conseil national de la Résistance. Jean-Pierre Chevènement parle de « plébiscite quotidien » autour de ce contrat commun. Il aborde longuement l’Europe et les failles démocratiques que constituent les délégations de souveraineté imprudemment accordées, selon lui, à des institutions centrales, telles que les commissaires européens et la Banque centrale européenne, instances non élues par les citoyens des peuples de l’Union. Il rappelle les liens étroits qui unissent les peuples du Maghreb à l’Europe, de même que la Russie.

Je vous invite à visionner ce débat (moins d’une heure). C’est une leçon d’histoire et une contribution au débat démocratique.

Voir le débat sur filsdefrance.fr
Le blog de Jean-Pierre Chevènement

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Le mur des Fédérés

Emplacement du mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise

C’était, il y a 140 ans, à Paris. Le 28 mai 1871, les derniers Fédérés étaient exécutés par les troupes versaillaises, dans le cimetière du Père-Lachaise.

C’était la fin de la Commune de Paris, la fin d’une utopie, d’un projet de changer la société. L’anniversaire résonne étrangement, après les Printemps arabes et les « Indignados » espagnols.

Pourquoi parle-t-on si peu de la Commune, aujourd’hui ? C’est un épisode important dans le combat pour la dignité humaine. En lisant le quotidien « L’Humanité », je découvre que des Garibaldiens ont combattu avec les Communards, ainsi que des Polonais, des Hongrois et des citoyens de toute l’Europe. Ils avaient le droit de vote et certains ont même été élus. Comme il est long, le chemin !

Le mur des Fédérés (Wikipédia)
Journal « L’Humanité »

La propriété, c’est le vol ?

Pierre-Joseph Proudhon

Dans son essai « Qu’est-ce que la propriété ? », Proudhon affirmait que rien ne pouvait justifier le fait de s’approprier un bien ou un territoire. On doit, à l’anarchiste français, la formule révolutionnaire « La propriété, c’est le vol ».

Qu’est-ce qui est plus intéressant ? Profiter d’une multitude de biens en commun ou se rendre malade pour acquérir quelques propriétés personnelles, qu’on abandonnera, de toutes façons, en quittant cette vie ?

Lire l’essai de Proudhon sur kropot.free.fr

L’espoir et le fanal

Dessin de Arno, du 26/01/2011

Ce qui se passe aujourd’hui en Égypte ne constitue pas seulement une bonne nouvelle pour le monde arabe.

Pour reprendre le terme d’un journaliste allemand, ce « fanal » éclaire aussi notre route, à nous Européens. Car nous avions tendance à nous résigner, à penser que cela ne servait à rien de manifester contre la réforme injuste des retraites, contre le lent saccage de tous les acquis du Conseil national de la Résistance. C’est faux et ça vaut la peine de se battre !

En ce 11 février 2011 – de même qu’il y a quelques semaines en Tunisie -, les peuples de la Méditerranée ont gagné notre admiration et notre respect. Puissions-nous ne plus jamais les regarder, dans la rue, comme des citoyens de seconde zone !

D’autres dessins de Arno (aaprods.blogspot.com)

1973 : le premier des 11 septembre

Destruction de la littérature de gauche par les soldats de l'armée chilienne.

11 septembre 1973… à Santiago du Chili, une junte menée par le général Augusto Pinochet donne l’assaut au palais présidentiel. Salvador Allende, président démocratiquement élu, est tué.

Le gouvernement socialiste est renversé et les militaires prennent le pouvoir pendant près de dix-sept ans.

Derrière ce drame, on a soupçonné des actions de déstabilisation menées par les services secrets des USA, relayées au Chili par des trusts comme I.T.T.

Ce jour est resté, dans les mémoires, le symbole de l’impérialisme américain… jusqu’au 11 septembre 2001 qui, de ce passé encombrant, a fait table rase.

Le 11 septembre 1973 (Wikipedia)

Le message des constructeurs de cathédrales

J’ai été surpris de voir des gens occupant des postes techniques (informaticiens, par exemple), croire aux esprits, aux revenants et fréquenter des églises extrêmes.

J’ai beau être moi-même le produit de la Philosophie des Lumières, je reste perplexe devant le livre de Christian JACQ : Le message des constructeurs de cathédrales.

La lecture de cet auteur connu avant tout pour ses sagas égyptiennes, est un enchantement. Il me ramène aux mythes de mon enfance, quand je suivais les cours de catéchisme et assistais avec ferveur à la messe.

Christian JACQ nous ouvre de nouvelles perspectives. Sans remettre en cause la nécessaire rationnalité, il revalorise le domaine de la symbolique. Et cela me paraît essentiel.

La mer cruelle

Ce film anglais de Charles Frend (1953) retrace la vie d’un équipage d’escorteur pendant la seconde guerre mondiale.

Entraînement des « bleu-bites », premières missions d’accompagnement, début de la vraie guerre… on suit ces hommes courageux dans les moments d’exaltation (le coulage d’un U-Boot) et d’horreur (sacrifice de naufragés dans l’espoir d’anéantir un autre sous-marin).

C’est intelligemment fait, proche du documentaire et cela répond à un de mes articles récents sur les jeunes commandants allemands qui coulèrent des centaines de bâteaux comme cet escorteur anglais « Compass Rose » (K49).

La mort qui vient des profondeurs

Otto Kretschmer, Jürgen Prien, Joachim Schepke, ces jeunes capitaines-lieutenants allemands ont coulé, à eux trois, une centaine de navires alliés au début de la Deuxième guerre mondiale, aux commandes de leur U-Boot.

J’évoque leur histoire après lu, non sans une certaine fascination, le livre « Sous-marins allemands au combat », de Patrick de Gmeline, paru au début des années 90 aux Presses de la Cité.

Lüth, Topp, Schnee, Lemp, Endrass, Hardgegen, Merten… autant d’hommes de valeur malheureusement au service d’une cause atroce.

Les puits dans le désert

Un Targui a dit : « Il y a des gens qui, lorsqu’ils trouvent un puits, décident qu’il est à eux. Ils lui donnent leur nom et le transmettent à leurs enfants. Nous ne sommes pas comme eux. Si tout le monde avait fait comme comme ça depuis le vieux Noë, Il n’y aurait plus un seul endroit où l’on puisse aller aujourd’hui. »

Les Touareg ne ressentent pas le besoin de posséder, seulement celui de pouvoir utiliser. Toutes choses étant faites pour circuler, être échangées et non pas pour traîner dans un tiroir. Dans nos sociétés industrielles, la plupart des gens gâchent leur vie à s’approprier des biens. D’où une surproduction inutile et une entrave à la libre disposition des ressources.