Maître Puntila et son valet Matti

De Brecht, je connaissais surtout L’Opéra de Quat’ Sous (mis en musique par Kurt Weill). Depuis peu, je lis ses pièces, en attendant, je l’espère, de les voir sur scène.

Bertolt Brecht

Bertolt Brecht, tout sauf démodé.

Je viens de finir, comme toujours avec regret chaque fois que c’est un bon texte, Maître Puntila et son Valet Matti. Il y est question d’un propriétaire terrien riche qui est aussi généreux quand il a un coup dans le nez qu’intraitable sitôt qu’il a dessoulé. Autour lui, domestiques, notables locaux et fiancées potentielles sont ballottés entre espoir et désespoir, entre joie et colère, selon le taux d’alcoolémie de Puntila.

Seul son chauffeur et valet Matti garde ses distances, dit amen à son chef chaque fois que ça l’arrange, accepte puis se laisse reprendre ses cadeaux, et se paie le luxe de refuser la propre fille du maître, au motif que la jeune bourgeoise ferait une mauvaise paysanne.

Si vous pensez que Brecht sent la naphtaline, à l’image de l’Expressionnisme allemand de l’Entre-Deux Guerres, lisez-le et vous découvrirez un homme pas seulement engagé, mais malin, drôle et terriblement efficace. Je pense à Bob Dylan en terminant cet article.

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