Les Marx Brothers sont Love Happy

Découvert un film tardif des Marx Brothers « Love Happy » (1949). Ce film a des accents de comédie musicale avec de très belles scènes dansées et chantées.

Love-Happy-Affiche

Amour, danse et poésie… avec la joyeuse folie des frères Marx.

On y voit de très jolies femmes avec une première apparition de Marylin Monroe chez le détective Groucho Marx pour lui demander de la protéger contre « des hommes qui n’arrêtent pas de la suivre ». On imagine le zèle du détective !

On y suit une chasse au trésor, ici un collier de perles précieuses caché dans une boîte de sardines (oui, mais laquelle ?) avec une beauté fatale hongroise (Ilona Massey) et des hommes de main inquiétants, parmi lesquels le tout jeune et déjà baraqué Raymond Burr, qui passent à tabac le pauvre Harpo, lequel se retrouve même à tourner dans une machine à laver, tout ça pour l’obliger à parler !!

La jeune Marylin, pas encore créditée sur les affiches.

La toute jeune Marylin, pas encore créditée sur l’affiche.

Chico est excellent, comme lorsqu’il accompagne au piano l’huissier violoniste venu saisir les décors et costumes de la comédie musicale hélas sans moyens. On n’oublie pas non plus le chat soupçonné d’avoir mangé les perles en même temps que les sardines, et donc kidnappé par les méchants.

Au résultat, un film délicieux bien que peu connu en France, car les frères Marx avaient pris de l’âge et n’étaient plus à la mode. Mais la magie, la poésie et l’efficacité sont toujours là.

Maître Puntila et son valet Matti

De Brecht, je connaissais surtout L’Opéra de Quat’ Sous (mis en musique par Kurt Weill). Depuis peu, je lis ses pièces, en attendant, je l’espère, de les voir sur scène.

Bertolt Brecht

Bertolt Brecht, tout sauf démodé.

Je viens de finir, comme toujours avec regret chaque fois que c’est un bon texte, Maître Puntila et son Valet Matti. Il y est question d’un propriétaire terrien riche qui est aussi généreux quand il a un coup dans le nez qu’intraitable sitôt qu’il a dessoulé. Autour lui, domestiques, notables locaux et fiancées potentielles sont ballottés entre espoir et désespoir, entre joie et colère, selon le taux d’alcoolémie de Puntila.

Seul son chauffeur et valet Matti garde ses distances, dit amen à son chef chaque fois que ça l’arrange, accepte puis se laisse reprendre ses cadeaux, et se paie le luxe de refuser la propre fille du maître, au motif que la jeune bourgeoise ferait une mauvaise paysanne.

Si vous pensez que Brecht sent la naphtaline, à l’image de l’Expressionnisme allemand de l’Entre-Deux Guerres, lisez-le et vous découvrirez un homme pas seulement engagé, mais malin, drôle et terriblement efficace. Je pense à Bob Dylan en terminant cet article.

Babx en concert à Carros

Babx à Carros.

Babx à Carros.

Ce soir, le chanteur Babx était en concert à Carros (Alpes-Maritimes), salle Juliette Gréco. Je me suis laissé emmener par ma femme, pas franchement intéressé. Résultat, je me suis pris une dose de vitamines réjouissantes.

En fait de chanteur, c’est tout un groupe qui était là : batteur, guitaristes, organistes, bassiste et lui, Babx, assis au piano ou debout, selon la couleur des morceaux. Selon l’humeur.

Quand le groupe donnait, ça envoyait comme du ZZ Top ou du Bashung, avec une incroyable patate au niveau des basses et de la batterie. Dans les morceaux lents, au contraire, on pouvait croire que c’était un petit oiseau qui posait délicatement ses pattes sur les touches du piano.

Quelle belle voix, chaude, puissante et douce, mélancolique ou passionnée ! J’ai retenu quelques titres de chansons, dont Charles Baudelaire, Tchador Woman, 2012, Little Odessa, Sous Le Piano De Ma Mère… Le concert est fini depuis moins d’une heure mais je suis encore dedans, comme tous les gens qui avaient la chance d’être là, ce soir.

– Alors, tu vois que c’était bien ? M’a dit ma femme en sortant. En effet, et j’espère que Babx sera bientôt très connu. Dans Wikipédia, je viens de lire qu’il a travaillé sur un album de Julien Doré et sur une chanson de Camilla Jordana. Les veinards !

Babx sur son site

Berlin-Moscou, Un Voyage à Pied

Wolfgang Büscher

Wolfgang Büscher

Misère du lecteur qui a fini son livre et qui se sent orphelin. Cette fois, la cause du drame est un allemand, Wolfgang Büscher, qui n’a rien trouvé de plus intéressant que de partir à pied de chez lui, à Berlin, vers Moscou. Pourquoi Moscou ? Le poids de l’histoire, sans doute. Büscher a fait en sens inverse le chemin qu’avaient pris les chars soviétiques avant d’entrer dans l’ancienne capitale du Reich, en 1945.

Tout cela à pied, mon moyen de locomotion préféré. Ce Wolfgang, j’espère le rencontrer un jour. On a le même âge, il doit être un peu plus costaud que moi. J’ai vu sa photo sur Internet, il a l’air pas mal, assez sec. Je me sens beaucoup de points communs avec lui, cette attirance vers l’Est, cette nostalgie d’un paradis perdu et, en même temps, la vision lucide des horreurs des guerres passées. Pays traumatisés, amochés, abêtis, pollués comme dans la « zone écologique radioactive » de Tchernobyl. Comment avoir de l’ambition, quand on habite au fin fond de la Biélo-Russie, que tout est obsolète, que les gens sont indolents ou alors nouveaux riches (peu nombreux) ? Le souvenir des morts et la culture – cette alternative à Dieu au temps des communistes – sont omniprésents dans le livre « Berlin-Moscou, un voyage à pied », publié aux éditions de « L’esprit des péninsules ». Concernant le style de l’auteur, j’ai mis une cinquantaine de pages à m’y habituer : des phrases peu orthodoxes, des collages d’images mentales, ses réflexions sur le vif… Et surtout, je n’ai pas lu un compte rendu sportif. Bien que Büscher ait parcouru plus de 2000 km en trois mois, il ne nous fait pas de cours du parfait randonneur. Son livre n’est pas sponsorisé par une marque de sports. L’auteur parle du poids de son sac, de sa nourriture spartiate : barres chocolatées et eau minérale avec, quand tout va bien, des côtelettes et des patates le soir. On comprend qu’il marche parfois onze heures dans la journée, mais il ne présente jamais son périple comme un exploit.

Prypiat en Ukraine - Ce qu'il en reste après Tchernobyl.

Prypiat en Ukraine – 20 ans après Tchernobyl.

Wolfgang Büscher marche seul (il aurait pu être avec quelqu’un ou un chien) avec, chaque jour, de longues heures de solitudes, mais il fait aussi des rencontres. Comme ces aristocrates polonais qui racontent la vie du temps des anciennes frontières, cet officier biélorusse qui l’emmène à proximité de Prypiat (Tchernobyl), cette jeune ecclésiastique qui lui fait découvrir un vieil ermite au fond d’une forêt russe, et ce type avec qui il se bat dans un hôtel délabré. Rencontres curieuses, amicales ou hostiles. Et ce commentaire de l’auteur quand, son rêve accompli, il se repose dans un grand hôtel de Moscou et avoue ses peurs rétrospectives sur les pépins qui auraient pu lui tomber dessus, alors que, tant qu’il marchait, il n’y pensait pas.

Critique de Jean Laurenti sur lmda.net (2005)

La ferme insulaire de Quéménès

Quéménès, une île plus tout à fait déserte.

Quéménès, une île plus tout à fait déserte.

Plus près et moins dangereuse que la planète Mars, je vous invite à découvrir Quéménès, une petite île au large du Finistère, dans l’archipel de Molène.

Avec le soutien du Conservatoire du Littoral breton, David et Soizic Cuisnier ont entrepris, en 2008, de redonner vie à cette île alors déserte de 26 hectares. La ferme insulaire est à caractère écologique : eau, électricité sont produits sur place. Le couple élève des moutons, des oies, et cultive des patates, et des tomates en serre.

Les deux activités rémunératrices sont l’accueil en gîte et la vente des pommes de terre. Ce soir, l’émission Thalassa, sur France 3, a consacré son « grand format » aux « Robinsons de la mer d’Iroise » et on ne peut qu’admirer le courage et la ténacité de ce couple désormais insulaire et qui, depuis son installation à Quéménès, a vu l’arrivée de la petite Chloé, puis du petit Jules, doublant ainsi la population de l’île en cinq ans.

Le blog de la ferme insulaire de Quéménès
L’émission Thalassa, sur France 3

Voulez-vous aller sur Mars ?

Votre futur lieu de travail ?

Votre futur lieu de travail ?

Une association néerlandaise recherche jeunes gens motivés, intelligents et en bonne santé pour commencer la colonisation de la Planète Rouge.

Votre départ est prévu en septembre 2022, pour une installation dans le courant du premier semestre 2023. Précision en passant : votre retour sur Terre n’est pas prévu, à moins que, d’ici 2030 ou 2040…

Le projet s’appelle Mars-One et intéresse, semble-t-il, plusieurs entreprises privées terriennes. Le premier rover d’exploration est prévu en 2016, autrement dit demain, pour la recherche d’un terrain propice à l’installation des futurs colons.

Découvrez ce projet original sur le site de mars-one.com et sur slate.fr. Qui sait, vous serez peut-être retenu…

Le théâtre de Balzac

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai souffert au lycée quand il m’a fallu lire Balzac. J’avais choisi un roman court « La femme de trente ans », mais je n’en garde aucun souvenir agréable. Probablement que j’étais trop jeune pour apprécier.

Récemment, en vacances, surprise : au milieu de ses œuvres complètes dans une bibliothèque familiale, je repère deux volumes consacrés à son théâtre. Balzac, du théâtre ? Je prends le tome XXVII et commence la lecture de « L’école des ménages ». J’accroche tout de suite et suis surpris par sa modernité. C’est drôle, bien ficelé et très fin. Balzac m’apparaît étonnamment proche et j’adorerais discuter le coup avec lui. Hélas, nous quittons nos hôtes et je laisse chez eux l’auteur de la Comédie humaine.

Une fois rentré chez moi, je cherche sur Internet le texte de ses autres pièces. Je trouve sur le site la BNF (Gallica) un des deux volumes mais le téléchargement n’est pas aisé et j’ai la nostalgie de l’édition papier. Qu’à cela ne tienne, je déniche les deux volumes sur un site de vente en ligne. Depuis, j’ai lu « Le faiseur », « Vautrin » et « Les ressources de Quinola ». J’en reparlerai.

Balzac est maintenant un ami littéraire et j’ai hâte de redécouvrir ses romans.